Glossaire verrerie

 

A canne: terme italien désignant les décors à rayures réalisés avec des baguettes ou des filaments de verre de couleurs, d’après le terme technique italien “canne” signifiant baguette.

Application à chaud: adjonction d’éléments décoratifs distincts, anses, pieds, cabochons, motifs en relief, rapportés sur l’objet en verre encore chaud et malléable.

Aventurine: verre translucide à décor interne composé de particules métalliques, généralement du cuivre scintillant à la lumière.

Baguette: tige de verre, souvent coloré dans la masse, façonnée par étirage d’un morceau de verre chaud. Par étirements successifs, le diamètre peut atteindre une très grande finesse, et ces fils de verre entrent dans la réalisation des filigrane.

Camée: les verreries gravés en camée sont réalisées en verre soufflé à plusieurs couches de couleurs différentes, qui seront taillées et gravées avec plus ou moins de virtuosité pour faire apparaître les décors en relief, à la manière des camées en pierres fines de l’antiquité. Les verres en camée bicolores sont beaucoup moins raffinés que les objets dont le décor est délicatement dégagé et travaillé à l’aide de plusieurs techniques.

Canne de soufflage: principal outil du souffleur de verre, ce tube d’acier creux lui permet de cueillir dans le four le verre en fusion, de lui insuffler de l’air afin de le dilater et travailler sa forme.

Carnival glass: Verrerie pressées légèrement fluorescentes, très bon marché, produites au début du XXème aux Etats-Unis et souvent données en lot dans les fêtes foraines.

Cire perdue: technique inspirée du bronze à cire perdue. Un modèle de la pièce réalisé en cire est enveloppé de terre réfractaire (supportant les hautes températures) ou en plâtre. Ce moule est surmonté d’un réservoir pour le verre broyeé éventuellement mêlé à des composant colorants. Dans le four, la cire fond avec la montée en température, et lorsque le verre atteint lui aussi la fusion, il s’écoule et prend la place et la forme laissées libres dans le moule. Après refroidissement très lent et progressif, on casse le moule et on dégagela pièce en verre.

Composition: mélange vitrifiable de matériaux bruts en quantités variables- et néanmoins très précises- selon le types de verres fabriqués, à base de sable, de fondant (substance abbaissant la température de  fusion), d’oxydes métalliques colorants.

Craquelé: décor de surface obtenu en plongeant la paraison de verre encore mou dans l’eau froide, ou en la roulant sur une couche de verre concassé, puis en continuant à la souffler pour lui donner forme. Certains moules imitent plus ou moins bien ces effets de texture de givre ou d’eau gelée.

Cristal: verre dont la composition comporte au moins 25% d’oxide plomb, apprécié pour sa transparence, son aptitude à la taille et ses qualités de réfraction de la lumière. On reconnaît aussi les verres en cristal à leur sonorité particulière lorsqu’on les fait tinter.

Cueillage: Action de prélever dans le creuset-ou pot- situé dans le four, une boule ou une masse de verre en fusion (à température d’environ 1100 °), qui sera ensuite travaillée à l’aide de différents outils.

Dorure (et argenture): Décoration à base de feuille ou de poudre d’or (ou d’argent) déposée en intercalaire, ou bien peinture dorée déposée à froid en surface.

Doublage: superposition de deux ou plusieurs couches de verre par trempages successifs dans des creuset de couleurs différentes, pour éventuellement graver ou tailler un décor polychrome.

Emaillage: application au pinceau de très fine poudre de verre colorées par des oxydes et liées par un médium huileux, fixées par une recuisson de la pièce à température peu élevée (moins de 600°), qui reste néanmoins plus délicate pour les verres souflés.

Facettes: taille du verre en petites surfaces plates disposées selon des angles reflétant la lumière, à la manière des pierres précieuses.

Fravile: verre irisé mis au point par Tiffany, dont le brevet fut déposé en 1894.

Filigranes: à l’origine baguettes à décor interne en filet blanc opaque, droit ou torsadé, servant à la réalisation de décor raffinés pour les verres soufflés transparents. Il existe également des filigranes en couleurs.

Four (ou arche) de recuisson: l’arche de recuisson est utilisée pour le refroidissement très progressif des objets terminés. Afin d’éliminer les tensions physiques à l’intérieur de sa masse, le verre necessite une lente descente en température pour ne pas se fendre ou se briser soudainement. Plus les objets sont épais, plus ils doivent séjourner longuement dans l’arche de recuisson.

Fusing: technique reprise par les verriers contemporains, permettant d’assembler par réchauffement et fusion des éléments de verre préalablement élaborés, puis agencés à froid sur une plaque ou le moule d’enfournement.

Glory: four de réchauffage permettant de remonter la température de la pièce pour continuer à la traivailler, et d’éviter qu’elle ne refroidisse trop vite avant de passer dans l’arche de recuisson.

Graal: technique de décor.

Gravure à  la pointe de diamant: technique de décor réalisé grâce à un stylet de métal portant à sa pointe un éclat de diamant dont la dureté attaque la surface du verre. Cette méthode ancienne est souvent remplacée aujourd’hui par des fraises électriques.

Gravure à la roue: le verre est entaillé par de petites molettes de métal, de pierre, de liège, de différentes dimensions, montées sur un tour électrique, dont l’action est complétée par une poudre abrasive humidifiée. Cette technique permet une grande subtilité de décors.

Gravure à l’acide: les parties du verre ne devant pas être attaquées par l’acide sont couvertes d’un vernis protecteur résistant, puis la pièce est trempée dans un bain d’acide fluorhydrique. Les surfaces non gravées ressortent en relief et garde leur transparence.

Gravure par sablage: voir sablage

Grisaille: peinture monochrome en nuances de gris permettant d’ombrer et de donner une impression de relief.

Incalmo: réalisation d’un objet en verre soufflé composé de deux parties de couleurs différentes, soufflées séparément puis préparées et assemblées à chaud avec une extrème dextérité.

Inciso: terme désignant un décor de surface de Venini, fait de très fines stries (incisions) horizontales peu profondes couvrant tout l’objet.

Intaille: décor réalisé en creux dans le verre, à l’inverse du camée qui est en relief.

Intercailre: décor au élément de décor disposé entre deux couches de verres souvent incolores.

Irisation: effet de chatoiememt multicolore plus ou moins doré ou argenté, obtenu en soumettant la pièce chaude à des fumées de chlorure d’étain, ou en projetant des oxydes métalliques sur le verre chaud, ou bien en les appliquant à froid au pinceau puis en recuisant l’objet (voir aussi lustre)

Jambe: partie verticale allongée supportant le verre à boire ou certaines coupes, fixée sur le pied, la base de l’objet.

Kraka: tecnique de décor scandinave mise au point dans les années 50, où le décor avec bulles intercalaires, proche de la technique Ariel, est obtenu en posant un filet sur le verre doublé puis gravé au jet de sable, avant d’être finalement recouvert de verre transparent.

Lustre: décor de surface irisé des céramiques et des verreries, obtenu par application d’une fine pellicule d’oxydes métalliques cuite en atmosphère réductrice ou au chalumeau.

Marbre: plaque lisse en fonte ou en métal sur laquelle le verrier roule sa paraison pour l’équilibrer au bout de la canne avant de la souffler, puis plus tard au cours de travaille.

Marque de pointil: trace laissée par le pointil lorsqu’il est détaché de la pièce, necessitant meulage et polissage pour l’effacer et donner une finition homogène.

Marqueterie de verre: technique très délicate breuvetée par Emile Gallé, consistant à insérer à chaud, sur le décor en verre multicouche gravé, et de manière plus ou moins superficielle, des fragments d’autres verres colorés et taillés (gravés doublés de feuilles métalliques, patinés), afin de compléter l’ensemble du décor.

Martelé ou battuto: effet de surface, rappelant le martelage des métaux en dinanderie, obtenu en taillant des petits creux côte à côte. Daum l’utilisera pour le fond de décor de certaines pièces gravées en camée.

Millefiori: décor de mille petites fleurs, d’où ce nom, réalisé avec des segments de baguettes en verre multicolores, frabriquées en accolant puis étirant des tiges de verre colorées, surtout utilisé pour les presse-papiers. La découpe de ces baguettes fait appaître le dessin d’une petite fleur en points de couleur.

Murrines: segments décoratifs de tiges de verre composées de plusieurs couleurs concentriques ou juxtaposées, de section plus ou moins régulière. Pour les intégrer dans le décor d’un objet, la paraison est roulée sur une plaque où les murrines ont été préalablement disposées, puis après à rechauffement à température suffisante, l’objet pourra être soufflé et travaillé avec les murrines qui se dilatent comme la paraison.

Noeud: protubérance intermédiaire de la jambe ou du pied d’un verre à boire, en forme de boule le plus souvent, pouvent être aussi taillée à facettes.

Opalescence: coloration translucide dans la masse du verre; généralement d’un blanc laiteux à reflets bleutés.

Paraison: masse de verre en fusion cueillie à la canne (la première cueillie s’appelle un poste) dans le creuset du four, correspondant à la quantité du verre necessaire à la réalisation de la pièce soufflée. Objet en cours de travail à chaud n’ayant pas pris sa forme finale.

Pâte de verre: technique par laquelle du verre concassé, associé à un liant et à des oxydes métalliques colorants, est mis en place à froid dans des moules en matériaux réfractaires, et est recuit; Le verre en poudre peut aussi être déposé au pinceau afin de réalisé des dessins au coloris précis. La pâte de verre emprunte également la technique de la cire perdue.

Polissage au feu: finition d’un objet au chalumeau ou au glory, afin d’en lisser la surface en l’échauffant.

Pontil: tige en métal, avec laquelle on cueille un petit morceau de verre permettant de coller provisoirement le pontil à la base de la pièce soufflée, afin de pouvoir enlever la canne pour réaliser l’ouverture, le col et les ultimes finitions.

Reticello: décor en filigrane entrecroisé en filet.

Sablage: technique de gravure permettant de donner un dépoli et de creuser la surface par projection puissante de sable ou d’un matériau abrasif sur le verre. Les parties protégées par un pochoir restent lisses et offrent alors un relief.

Sommerso: mot italien, signifiant “submergé” et désignant le verre doublé par immersion successives dans des verres transparents de différentes couleurs.

Soufflage à la bouche, à la main levée: technique de soufflage à la canne réalisés par le verrier (par opposition au soufflage mécanisé), qui peut travailler la pièce entièrement à main levée ou bien lui donner sa forme en soufflant la paraison dans un moule (le verre soufflé-moulé peut donc être façonné à la main ou à la machine).

Studio Glass: terme américain désignant un courant de création, né dans les années 60, d’artistes verriers frabriquant eux-mêmes leurs modèles dans leur atelier (et non plus dans un cadre industriel).

Taille: technique de décor se distinguant de la gravure par l’aspect géométrique de ses motifs, la profondeur éventuelle des entailles, et l’utilisation d’une meule ou d’une roue contre laquelle l’objet est maintenu, et dont l’action est complétée par une poudre abrasive mouillée d’un filet d’eau. La surface est ensuite lissée (doucie) pour ôter les stries, puis polie afin de trouver tout son éclat.

Thermoformage: technique utilisée surtout en sculpture contemporaine, qui consiste à déformer du verre plat (verre à vitre) en le ramolissant dans un four, sur une forme déterminée, ou en utilisant sa propre pesanteur pour l’étirer est obtenir la forme souhaitée.

Travail à la lampe, ou travail au chalumeau: technique de travail du verre en le ramollissant par échauffement à la flamme d’un petit chalumeau. Ses techniciens les plus virtuoses l’associent au soufflage avec des pipettes métalliques, et composent, étirent, pincent, incurvent les éléments de verre assemblés à chaud, au fur et à mesure, les uns aux autres, pour réaliser des figurines, des perles, de tous petits objets.

Zanfirico: terme désignant les décors en filigranes où les fils blancs ou de couleurs dessinent des spirales s’entrecroisant, ou torsadées en sens inverse. Le mot est une déformation d’un nom d’un marchand d’art vénitien du début du XIXème siècle, Antonio Sanquirico.